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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 03:56

.Nous voici à la dernière soirée organisée par l'équipe des bénévoles des bibliothèques des Vals De Gartempe : la soirée cabaret à Angles.

Le thème du voyage au fil de l'eau prend tout son sens.


cabaret2.jpg

Partons à bord de la Touraine....


cabaret1

Et chantons avec les marins....

 

cabaret3

 


Paul Olendorff, 1895

 

Samedi, 9 juin. 

Le pilote qui a sorti la Touraine du port du Havre est un grand et fort gaillard. Un moment, j’ai eu peur, il ne cherchât à nous faire une bonne blague, en nous collant, par exemple, sur le banc d’Amphar.  Par bonheur, il n’en fut rien.

 

 

 Nous sommes sortis triomphalement des jetées du Havre, très garnies de gens agitant les mouchoirs d’adieu. À toute vitesse, nous avons gagné le large. Derrière nous, les côtes se sont enfoncées dans l’horizon.

 Cette nuit, nous allons apercevoir les feux du Cap Lizard et d’Aurigny. Et puis, bonsoir la terre ! On n’en verra plus que dans huit jours, là-bas, en Amérique.

 

…… Nous dînons à la table du docteur, lequel me paraît être un joyeux thérapeute prenant la vie par le bon bout. Excellent idée de nous avoir placés, mes amis et moi, à la table de ce gai praticien flottant.

 

 

Dimanche, 10 juin. 

Mon home, sweet home, consiste en la cabine 72, sise à l’avant et à tribord. Je l’occupe sans compagnon — chouette ! — et sans compagne — hélas ! — avec un bon petit hublot pour moi tout seul.

 …… On a eu du gros temps, aujourd’hui. Beaucoup de dames ne sont point sorties de leurs cabines. D’autres, sur le pont, jonchent leur fauteuil long, tel des loques.

 

 

Lundi, 11 juin.

On a encore pas mal roulé et tangué aujourd’hui. La majorité des dames demeure à l’état loquoïdal.

 

 

Mardi, 12 juin. 

Du beau temps, ce matin. Plus de roulis ni de tangage, mais de la gîte à tribord, énormément, au moins vingt degrés (j’entends pas ces mots que le plan du pont faisait avec l’horizon un angle d’au moins vingt degrés). Très commode, la gîte à tribord. Précisément, il y avait des asperges à l’huile et au vinaigre. L’inclinaison des tables nous évita la peine de caler notre assiette pour que notre sauce se réfugiât dans un coin (si tant est qu’il soit un coin aux circulaires assiettes).

 

Quand je serai décidé à faire construire mon petit cottage, je prierai Henri Guillaume, mon architecte ordinaire, de donner à ma salle à manger vingt degrés de gîte à tribord, rapport aux sauces.

 

Jeudi, 14 juin. 

C’est généralement le jeudi que je choisis pour, selon le cas, l’éloge ou le blâme à distribuer aux officiers des bâtiments sur lesquels je vogue.

 Aujourd’hui, de l’éloge seulement :

 Au docteur Marion (deux fois nommé), à la table duquel les natures les plus moroses ne sauraient s’embêter une seule seconde.

 Un conseil : si vous allez en Amérique par la Touraine, sans femmes, tâchez d’être à la table du docteur Marion : je dis sans femmes, parce qu’avec ce bougre-là…

 

 

Vendredi, 15 juin.

Je suis détenteur d’une montre en acier oxydé qui, depuis le jour de son acquisition par moi, a mis une touchante obstination (complexion naturelle, atavisme, tendance acquise ? sais-je ?) à retarder de cinquante minutes par jour.

Très fier de ce phénomène, j’en ai fait part au plus grand nombre, expliquant la chose à ma manière.

 

Samedi, 16 juin. 

La brume de ce matin s’est dissipée. Nous apercevons les côtes. De grands voiliers nous croisent à chaque instant.

 

…… Nous débarquons.

 

 

 


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Published by eleonor du carloy - dans cahier de lecture
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commentaires

sittelle 27/11/2011 09:13

Vous avez une de ces vitalités... chapeau à tous vos bénévoles, bon dimanche!

eleonor du carloy 27/11/2011 17:28



il faut et puis c'est parce qu'on a toutes plusieurs casquettes alors ça motive