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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 01:35

Le Charbonnier

 

charbonnier      Un événement sensationnel qui eut, en son temps, un grand retentissement, se passa dans un petit village du Poitou, situé près de la forêt de Colombiers.

Le mois de septembre répandait sur la nature une délicate floraison de poussière d'or qui présageait la fin des beaux jours. C’était la saison où se prépare l'hiver et les gens commençaient à faire toutes sortes de provisions, sans oublier celles de charbon.

Or, un charbonnier, involontairement, vint, un dimanche matin, troubler la quiétude du petit bourg. Revenant de livrer sa marchandise, il entra à l'église pour assister à la messe. La figure mal rasée, encombrée d'épais sourcils tombants et couverte de poussière noire, il apparut soudain au milieu de l'assemblée silencieuse. Justement le curé prêchait. Il parlait du démon et il disait :   Il est noir, si noir...


      Tous, alors, crurent à une apparition. L'alarme fut si chaude que dans un brouhaha indescriptible, il y eut un sauve-qui-peut général. Le curé lui-même agitait les bras et les laissait retomber en un geste qui signifiait : « C'est le démon, mais que voulez-vous que j'y fasse ? »

      Seul le charbonnier demeura dans l'église, ne comprenant rien à ce qui arrivait. Voulant s'informer, il s'approcha d'une vieille femme qui ne pouvait que difficilement marcher et qui, pour cette raison, était toujours là.

Dès qu'elle le vit, elle recula. Affronter le démon en personne, il n'en était pas question !

     Aussi, avec une présence d'esprit remarquable, se trouvant à côté du bénitier et, avant que le charbonnier n'eût ouvert la bouche, elle se mit à l'asperger pour chasser l'esprit du mal. Et, ô merveille ! Au fur et à mesure qu'elle lui jetait ainsi de l'eau bénite, sa figure blanchissait.

 

     Très surpris et vexé de ce procédé peu courtois et tout à fait inhabituel, le charbonnier finit par s'en aller.

      Alors, l'assistance anxieuse qui attendait non loin la suite des événements, avec le curé psalmodiant des antiennes, demanda si le démon était bien parti. La vieille femme, très fière d'elle-même, répondit qu'à force d'arroser d'eau bénite, elle l'avait purifié et chassé.

Aussitôt, un cantique d'allégresse s'éleva vers le ciel, la vieille femme fut portée en triomphe et personne, jamais, n'oublia cet exploit.

C'est pourquoi nous en parlons encore.

 

Raconté par Laurence Camiglieri dans « Contes et Légendes du Poitou et des Charentes », Editions Fernand Nathan, Paris 1977. Illustration d'Arnaud Laval.

 

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Published by eleonor du carloy - dans cahier de lecture
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commentaires

lizagrèce 28/12/2010 23:24


Et c'est pour cela que l' on continue à dire : la foi du charbonnier ...


eleonor du carloy 30/12/2010 14:31



expression peu connue en poitou du reste !!!!lol



Claire-Cerise 28/12/2010 07:47


Encore une histoire si naïve qu'elle en est délicieuse ! Biz Eléonor et bon mardi !


eleonor du carloy 28/12/2010 09:01


tu sais autrefois, parce que ces histoires viennent de l'imagination collective,il n'y avait pas de médias pour faire découvrir le monde en quelques zaps ! les gens s'étonnaient de tout ! c'est
vrai qu'aujourd'hui, ils peuvent nous paraitre naïfs....