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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 07:09

Lettre de Mme de Sévigné à Coulanges

9 septembre 1694

 

abondance.jpgMais puisque nous y sommes, parlons un peu de la cruelle et continuelle chère que l'on y fait, surtout en ces temps ci. Ce ne sont pourtant que les mêmes choses que l'on mange partout. Des perdreaux, cela est commun, mais il n'est pas commun qu'ils soient tous comme lorsque à Paris chacun les approche de son nez avec une certaine mine, et criant:" Ah! Quel fumet! Sentez un peu. "

Nous supprimons tous ces étonnements. Ces perdreaux sont nourris de thym, de marjolaine, et de tout ce qui fait le parfum de nos sachets; il n'y a point à choisir …

Pour les melons, les figues et les muscats, c'est une chose étrange: si nous voulions, par quelque bizarre fantaisie, trouver un mauvais melon nous serions obligés de le faire venir de Paris; il ne s'en trouve point ici. Les figues blanches et sucrées, les muscats comme des grains d'ambre que l'on peut croquer, et qui vous feraient fort bien tourner la tête si vous en mangiez sans mesure, parce que c'est comme si l'on buvait à petits traits du plus exquis vin de Saint-Laurent.

 

 

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Published by eleonor du carloy - dans cahier de lecture
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